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Une première étape vient d’être franchie en vue de l’adoption du schéma d’aménagement révisé de la MRC du Val-Saint-François. Le Conseil de la MRC a adopté un premier projet qui sera soumis au gouvernement du Québec au début août.

Il faut dire que le schéma d’aménagement avait besoin d’un sérieux coup de barre. La dernière version datait de 2002.

«Ça fait longtemps qu’on travaille sur ce projet. Mais ne n’avions pas modifié le schéma avant parce que nous avions d’autres priorités à l’interne », fait savoir Karine Bonneville, directrice de l’Aménagement et de la gestion du territoire à la MRC du Val-Saint-François.

Elle concède que le schéma était «usé et ne répondait plus aux préoccupations d’aujourd’hui.» «Les changements climatiques et la mobilité durable ne sont pas des enjeux qu’on abordait à l’époque, mais c’est le cas maintenant», illustre-t-elle.

Rencontre avec les municipalités du Val, le 20 mai dernier, pour leur présenter le premier projet de schéma d’aménagement révisé.  (crédit : MRC du Val-Saint-François)

Un schéma d’aménagement, c’est quoi? À quoi ça sert?

Rappelons qu’un schéma d’aménagement est un plan, à long terme, qui permet de guider le développement d’un territoire de manière cohérente et durable. En tenant compte des aspects économiques, sociaux et environnementaux.

Il peut, par exemple, définir des zones d’affectation (ex : commercial, industriel) ou encore intégrer des objectifs de protection de l’environnement dans certaines zones.

«Ce document intègre aussi les préoccupations des citoyens et des élus. Comment ils veulent que le territoire se développe et ce qu’ils aspirent pour la région. Ça permet d’habiter dans un environnement plus sain, qui correspond mieux aux valeurs et aux besoins», informe Karine Bonneville.

Karine Bonneville, directrice de l’Aménagement et de la gestion du territoire à la MRC du Val-Saint-François.  (crédit photo : Studio Vicky Bombardier / MRC du Val-Saint-François)

Document qui oriente les municipalités

Ce nouveau schéma d’aménagement s’inscrit, de façon plus large, dans la démarche stratégique territoriale de la MRC. Qui vise à doter la région du Val-Saint-François d’une vision commune du territoire à l’horizon 2035.

«De façon plus officielle, nous avons débuté les travaux au début 2024. Avec une équipe dédiée à ce projet. Ça a demandé beaucoup de mobilisation. Je pense que c’est d’ailleurs la clé, pour avancer rondement dans un projet aussi gros», indique Karine Bonneville.

Elle expose que ce document offre aux municipalités des lignes directrices claires.

«À partir de ces orientations et objectifs, les municipalités peuvent adapter leur réglementation d’urbanisme. Parce que le règlement d’urbanisme d’une municipalité doit être conforme au schéma de la MRC. Mais nous laissons toujours une marge de manœuvre aux municipalités et une autonomie locale. En fonction de la réalité de leur territoire.»

Protection de la nature et changements climatiques

Parmi les modifications apportées, la directrice de l’Aménagement souligne la protection des milieux naturels. Qui, selon elle, est davantage développée qu’auparavant.

«Aujourd’hui, nous identifions nos priorités de conservation du territoire en identifiant les réseaux écologiques, le déplacement des espèces et la protection de la biodiversité.»

La mobilité durable est aussi une nouveauté qu’on retrouve dans le schéma révisé. «On tente de mieux planifier le transport actif comme modèle de déplacement. Par exemple, de faciliter le covoiturage ou des stationnements incitatifs. Nous n’identifions toutefois pas directement les endroits. Pour laisser les municipalités décider. Ce sont elles qui vont trouver les positionnements les plus stratégiques sur leur territoire.»

Pour faire face aux changements climatiques, la MRC identifie dans son schéma les îlots de chaleur. C’est-à-dire les endroits, en secteur urbain, où la chaleur est plus élevée. Souvent en raison de la présence de surfaces artificielles (bâtiments, routes, stationnements) et de la chaleur générée par les activités humaines (automobiles, chauffage, climatisation).

«Nous demandons aux municipalités de mettre en place des stratégies pour limiter la création de nouveaux ilots de chaleur et de réduire les effets de ceux actuellement présents. Par exemple en favorisant le verdissement de certains ilots.»

Gestion de l’eau

Dans cette lignée de résilience vis-à-vis des aléas du climat, la MRC souhaite une meilleure gestion des eaux pluviales.

«Avec les changements climatiques, il y a davantage de précipitations abondantes sur le territoire. Il faut donc prendre des mesures pour gérer ces gros coups d’eau.»

La gestion de l’eau potable s’ajoute aux éléments inscrits dans le nouveau schéma. «Nous identifions maintenant mieux, sur une carte, les prises d’eaux municipales sur le territoire. Ce qui permet de cibler des aires de protection, en fonction d’études hydrogéologiques. Et ainsi interdire certains usages, pour mieux protéger l’eau souterraine. Avant, on ne le faisait pas.»

Karine Bonneville ajoute toutefois qu’on ne tiendra pas compte des puits privés, compte tenu de la difficulté à tous les recenser.

La gestion des eaux pluviales, dans le contexte des changements climatiques, fait partie des éléments contenus dans le nouveau schéma d’aménagement de la MRC.  (image : Le Val-Ouest / Microsoft Designer)

Énergies renouvelables et habitation

La MRC du Val-Saint-François étudie présentement différentes options pour mieux encadrer les projets d’énergies renouvelables (éolien, solaire, géothermie, etc.). Cet encadrement fera éventuellement partie du document, lorsque la démarche sera complétée.

Les enjeux liés à l’habitation sont aussi visés. Par exemple le fait de permettre à un propriétaire d’ajouter un «logement accessoire» ou un «pavillon secondaire» : appartement dans un sous-sol ou au-dessus d’un garage, cabanon transformé en logement, agrandissement d’une résidence, etc. Ce qui permet, entre autres, à certaines familles d’accueillir des proches âgés dans leur domicile.

Une permissivité non seulement pertinente dans un contexte de vieillissement de la population, mais aussi de crise du logement. «C’était déjà quelque chose qui était possible. Sauf que ce n’était pas nécessairement chaque municipalité qui le permettait. Maintenant, nous avons mis des objectifs plus clairs pour que les municipalités le favorisent et l’intègrent dans leurs règlements d’urbanisme», pointe Karine Bonneville.

Le nouveau schéma d’aménagement va donner aux municipalités du Val-Saint-François des orientations claires vis-à-vis de l’ajout de logements accessoires ou de pavillons secondaires. Qui, dans certains cas, permettent à une famille d’accueillir à domicile des proches âgés.  (image : Le Val-Ouest / Microsoft Designer)

Visée : 2026 ou 2027

La MRC déposera ce premier projet de schéma d’aménagement au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation au début août. Le ministère aura 120 jours pour retourner à la MRC le document avec ses commentaires.

Par la suite, la MRC va présenter le document aux municipalités et à la population pour obtenir leurs commentaires. Une version modifiée sera ensuite retournée au ministère pour une nouvelle approbation.

Le schéma final devrait entrer en vigueur en 2026 ou au début de 2027.

 

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1 commentaire

  • Merci pour cet article qui nous permet de mieux comprendre le rôle de la MRC et ce qu’est un schéma d’aménagement.

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